Les Lectures de Kalombo II : Mon bilan un peu trop fun de mes lectures de janvier à juin 2026

0 110 29 Juin 26 Introduction

Le chroniqueur parle de ses lectures de janvier à juin.

Image du post Les Lectures de Kalombo II : Mon bilan un peu trop fun de mes lectures de janvier à juin 2026


               


                Comme chaque année, je fais de petits retours de mes lectures. Ceux qui suivent ma chaine WhatsApp reçoivent de retours chaque fois – bien sûr depuis mi-juin, j’ai décidé de faire une pause, pas de lecture, mais de partage intensif, le temps pour moi de m’acquitter des obligations académiques. 

                Je suis un lecteur. Un bon ou un grand, je ne sais pas. Je suis sûr d’une chose : je ne suis pas un mauvais lecteur mais un lecteur discipliné. Et c’est pourquoi je note toujours les titres – et souvent des notes de lecture – de tous les livres que je lis. Mais ce n’est pour moi pas important de dire combien de livres j’ai lus. Ce n’est pas important. L’important c’est de savourer chaque livre que j’ouvre, chaque page que je lis, chaque mot que mon œil capte, que mon cerveau examine. 

                Avant mon retour de lecture de tous les livres que j’aurais lus en 2026, place à mes lectures de mi-année, donc de janvier à juin. Cette année, les objectifs de lecture étaient simples : lire plus de romans, découvrir de nouveaux poètes africains et afro-descendants et prévoir les lectures en privilégiant les proses poétiques et les littératures de violences. Mes objectifs de mi-2026 sont largement atteints. Et c’est une satisfaction pour le lecteur que je suis. 

                En cette moitié de l’année, j’ai découvert plusieurs auteurs de poésie : Elie Stephenson « Comme des gouttes de sang », Théophile Obenga « Astres si longtemps » et « Stèles pour l’avenir », Nourredine Aba « Le Toussaint des énigmes », Birago Diop avec l’intégralité de « Leurres et lueurs », Jacques Rabemanandjara « Antsa », V.Y. Mudimbe (dont je n’avais lu que les romans et les poèmes éparses) « Entretailles précédé de Fulgurances d’une lézarde », Rodney Saint-Eloi « Nous ne trahirons pas le poème », qui est devenu d’ailleurs l’hymne d’un collectif auquel j’appartiens, Johan Mulenda « Ndombolo Bazar », Lamine Diakhaté « Primordiale du sixième jour », Amina Said « La Douleur des seuils », Jean d’Amérique (auteur du roman qui était dans mon top 5 de 2025, « Soleil à coudre ») « Rhapsodie rouge », « Atelier du silence », « Nul chemin dans la peau que saignante étreinte », et surtout l’intégralité de René Depestre qui comporte 17 recueils de poèmes sous le titre de « Rage de vivre ». Ce dernier auteur et son œuvre ont obtenu le Goncourt de la poésie dans l’année de ses 100 ans, 2026.

                Découvrir ces auteurs réconforte ma position selon laquelle la poésie est immense et qu’il est toujours important de saisir les différents « médiums » de ce qu’est cet art. Dans la poésie africaine et afro-descendante, je me profile moi-même en tant que poète et lecteur. S’il faut donner des notes spéciales à trois livres, je vais choisir « Rage de vivre », « Ndombolo bazar » et « Nous ne trahirons pas le poème », bien sûr il ne s’agit que des livres de nouveaux poètes rentrés dans ma lecture cette année, puisque j’ai lu d’autres poètes déjà découverts comme Rainer Maria Rilke « Notes sur la mélodie des choses », Paul Eluard « Poésie ininterrompue », Louis Aragon « Les Yeux d’Elsa », Tati-Loutard avec plusieurs recueils, et tutti quanti. Je suis ouvert à plus de propositions, même si je n’ai révélé qu’une partie de l’iceberg. Lol. 

                Et vous, quels poètes avez-vous découvert ?

                En termes de prose, il y a encore à boire et à manger. Je ne vais pas m’étaler dessus car le but de ce petit article est de parler découverte surtout de poètes. Fin, c’était un but caché.

                Mon premier roman lu était « Confidences » de Max Lobe, découvert d’abord via l’épitaphe du roman de Richard Ali « Et les portes sont des bouches », lu en 2023 dans la bibliothèque de Calures Editions. J’étais déjà attiré par le titre, mais c’est trois ans plus tard que je me suis décidé. Et hop, une claque ! Vous voulez traduire « littérairement » l’oralité ? Lisez ce texte. Sinon, j’enlève ma bouche dedans. 

                Mes lectures ont été longtemps jalonnées par les quatre finalistes du Prix Goncourt, livres lus dans le cadre du Choix Goncourt RDC dont je parlerai dans une autre chronique. « La Maison vide » de Mauvignier demeure une claque également, comme « Généalogie d’une banalité » de Sinzo Aanza que j’ai lu fin juin. Comment oublier « Né sur des pissenlits » de Jocelyn Danga, « Cette lettre que je t’écrirai peut-être jamais » (théâtre) et « Ne t’inquiète pas si ma lettre sent le sel » (lecture audio) du même auteur dont j’attends incessamment « Le Large » et « La Nuit et l’soldat » pour faire l’intégral. Comment oublier « J’enverrai à Dieu tous les coupables » de N’anza Tata ? Ou le recueil de nouvelles "Le Conclave des treize démons" d'Alphonse Montcho du Bénin?

                Ce sont des livres que je recommande. Bien sûr, je ne ferai pas de chroniques pour chacun. Mais ce sont des livres que je recommande, comme je recommande aux nouvellistes « congolais » « Le Cauchemardesque de Tabu » de Richard Ali que j’ai lu en avril.       

                Mon but est de lire d’abord les auteurs qui m’entourent, afin d’essayer de tirer une substance ô combien essentielle de la littérature congolaise, de la littérature tout court. Et surtout de vous encourager soit à les lire soit à me proposer vos lectures. Peut-être que je n’ai pas parlé des littératures hors-Afrique mais j’en lis également même si mes objectifs de cette année sont tournées vers l’Afrique et les Caraïbes sauf exception. Par exemple, d’A. De Saint-Exupéry, mon auteur français de prédilection, dont les lectures et relectures de tous ses romans m’ont été des lumières, j’ai lu « Lettres à sa mère » et m’apprête à lire « Carnets ».

                Pour mes prochaines lectures ? Aimé Césaire (intégral), je disais que mes objectifs étaient largement atteints. Chaque année je me propose de lire l’intégral de plusieurs poètes et de suivre un autre auteur (autres genres) : si l’année passée, il y a eu l’intégral de Rimbaud, Celan, Verlaine, Eluard, Tchicaya, etc. Cette année, il y a bien sûr Depestre – fini-, il y a Aimé Césaire qui m’a ouvert la poésie avec son « CAHIER ». Je n’en dirai pas plus. Il y a également David Diop, Moziki Littéraire et Yantumbi (eh, je n’ai pas parlé des essais). Une pile à lire et plusieurs chroniques à partager, bientôt !

Je dois répondre à une question : Comment organiser ses lectures même quand on est trop pris ? Ce n’est pas facile, en effet. Le secret est de profiter de chaque lecture et de chaque instant, les instants libres – qui ne manquent pourtant pas. De consacrer une ou deux heures par jour – ou même par semaine. L’essentiel est de lire, pas de beaucoup lire en des temps records, mais de lire régulièrement (Dieu sait que « régulièrement » ne veut pas dire chaque jour, mais relève d’une certaine idée de fréquence). De parler littérature – ça donne toujours bon goût, ça nous révolte de ne pas rester des temps sans lire. De trainer toujours avec un livre, même si on ne le lit pas de sitôt. Anecdote : d’avril à juin, j’avais « Né sur des pissenlits » dans mon sac-à-dos, mais je ne le lisais pas. Je le regardais, je le souriais, je le baisais. Un jour viendra, disais-je. Et ce dimanche 14 juin, je ne l’ai pas raté. De toujours alterner grands livres et petits livres, en terme de pages. De lire en même temps deux genres : moi j’ai toujours un recueil de poèmes que je lis et un roman que je lis ou un théâtre et un roman ou un essai et un recueil de poèmes. Fin, je n’aime pas lire trois livres à la fois, mais deux généralement. Par exemple, je lisais « En attendant Godot » de Beckett en même que temps que je lisais « Rage de vivre ». Une autre idée que je trouve fun pour les lecteurs de poésie et de nouvelles : avoir toujours un texte à lire sur son téléphone, le temps de prendre un transport, le temps d’une pause, etc. Parce que les romans demandent parfois trop de temps qu’on n’a pas en journée (même si on peut procéder à la lecture par chapitre). Je me souviens que la plupart des nouvelles de « Le K » de Dino Buzzati, je les lis en transport, lorsque je vais enseigner le soir. Et c’est plutôt une idée pratique (je vous recommande l’application Lithium Epub qui est adaptée).

Que faut-il conclure ? Il n’y a plus d’excuses pour lire : lisez, lisez, lisez. On se retrouve à la fin de l’année pour parler de nos Top lecture de l’année et tout ce qui va avec. Je vous aime. Bises !

Powered by Froala Editor

Image de profile de Kalombo I I, rédacteur(trice) sur le site de Kiosque Littéraire.

Kalombo I I

Écrivain, chroniqueur littéraire et blogueur.

Pour liker, disliker, réserver, ou commenter ce post, abonnez-vous ou connectez votre compte si vous en avez un !
Prolongements et variations sur le silence : ce que nous dit l’absence
Chronique

Prolongements Et Variations Sur Le Silence : Ce Que Nous Dit L’Absence

Jean Marc Ilunga 15 Juillet 26

En relisant les œuvres d'Édouard Levé et d'Émilie Monk, cette chronique rappelle que derrière le silence et les apparences se cache souvent une souffrance invisible, et qu'écouter avec compassion peut parfois sauver une vie.

Les Lectures de Kalombo : Dépression, mode d’emploi : le « Suicide » ou « Rester fort » ?
Chronique

Les Lectures De Kalombo : Dépression, Mode D’Emploi : Le « Suicide » Ou « Rester Fort » ?

Kalombo I I 14 Juillet 26

À travers Suicide d'Édouard Levé et Rester fort d'Emilie Monk, cette réflexion met en lumière la profondeur de la souffrance psychologique, l'impact du harcèlement et l'urgence d'écouter les détresses silencieuses avant qu'il ne soit trop tard.

Le vieil homme et la mer d'Ernest Hemingway
Chronique

Le Vieil Homme Et La Mer D'Ernest Hemingway

Stéphane Kabamba 13 Juillet 26

Le vieil homme et la mer d'Ernest Hemingway raconte le combat physique et intérieur de Santiago, un vieux pêcheur qui, à travers son affrontement avec un immense poisson, célèbre la dignité, la persévérance et le lien profond entre l'homme et la nature.

Aujourd’hui, le ciel sur moi tombe en trombe comme des bombes sans nombre
Chronique

Aujourd’Hui, Le Ciel Sur Moi Tombe En Trombe Comme Des Bombes Sans Nombre

Tomokwabini 09 Juillet 26

Christian raconte, dans un délire poétique entre amour, naissance et destinée, comment un regard, un souvenir et l’héritage de son père ont façonné l’écrivain qu’il est devenu : un enfant né du hasard, porté par l’amour et baptisé de la force d’un clan.

Designed and Developed by NZANZU MUHAYRWA L. / +243-977-210-519 / nzanzu.lwanzo.work@gmail.com