À Mbilia Bell
Laisse-moi, humble Salumu au cœur prêt à exploser, t’avouer que depuis ma plume trempée de nostalgie jusqu’aux rêves où je troque royaume et dignité, je ne suis qu’un homme consumé par ton image, toi, Mami Wata, déesse de lumière, dont la voix me captive et dont l’amour impossible me hante nuit et jour, sachant pourtant que le désir s’effrite dès qu’il devient réel.
Chère Mbilia Bell
Mi Reina de Parroquia
Mon coeur est au bord de l'implosion
Alors pour l'alléger un tant soit peu
Je saisis ma modeste plume
Pour coucher sur une feuille tachetée à l'encre de mes yeux
La nostalgie d'une histoire d'amour impossible
La nôtre à l'occurrence
En pastichant assez grossièrement
Un poème exquis du Divin Poète Babylonien
Madame Phénomène
Il est un poids en mon cœur
qui me fait souffrir le martyr
Et qui n'est rien d'autre que ton image idéalisée
Car vois-tu mon esprit passe le clair de son temps
à penser à toi et à rêver de nous
Et pauvre de moi je n'y peux rien
Il est évident Jolie Cléopâtre
Que sans hésitation aucune
Si Marc-Antoine j'étais
Et contre moins qu'un abri dans ton cœur de femme
J'allais troquer ma dignité et mon royaume
Et si cela n'aurait pas suffi
Alors j'aurais déserté Rome pour l'éternité
Afin de devenir ton esclave à tout jamais soumis
Car il n'est dans ce bas monde de péché
Aucune couronne aussi riche soit-elle
Équivalant le quart du privilège
D'être par ton majestueux cœur aimé
Des fois quand vient la nuit
je me surprends à philosopher
Comme un intrus à Athènes
Ou un exilé du Jardin d'Éden
Et dans mes rêveries scientifiques
Seul l'amour donne matière à ma philosophie
Ainsi sans craindre d'être repris ni contredit
Je me dois de le dire
Je me dois de me l'avouer
Que ta vision de l'amour si rude et nue
A quelque chose de spirituel
Qui t'élève au rang des déesses de l'Olympe
Et qui donne un pouvoir à ta voix
Semblable à celui qu'ont les filles de Poséidon
Peuplant nos fleuves et rivières depuis des millénaires
Et répondant au nom
Doux et redoutable de Mami Wata
Cela explique en partie sans doute
Pourquoi à l'écoute de ta voix
Et sans réfléchir à deux fois
Mon coeur s'offre à toi sur un plateau d'argent
Ne lui en veux pas ma Reine
Car il a sûrement ses raisons
Du moins je le crois que ma raison ignore
Et si le temps d'une journée
Je pouvais vivre dans la peau de Keyna,
Ta muse et l'objet de tes tourments
Alors à genoux j'allais prier le ciel
De sorte à ce que le reste de ma vie
Ne soit qu'un éternel recommencement
De cette journée bénite
Mais pauvre de moi je ne suis que Salumu
Salumu Salumu Salumu et encore Salumu
Salumu à chaque nouveau jour et à tout jamais
Salumu Pourquoi suis-je Salumu
Seul le Seigneur le sait
Puisque Lui seul l'a ainsi voulu et à dessein
Car vois-tu si j'étais vraiment Keyna le temps d'une journée
Alors mon amour se serait avec les heures effrité
Puisque le désir est éphémère
Et ne dure que le temps de la quête
Car comme a dit le Poète Congolais
Que je cite avec révérence
Je suis comme tous les hommes
Je ne désire plus jamais ce que j'ai déjà
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