Ambiance perdue aux Ngouani
Une étoile s’est éteinte, emportant avec elle la lumière fraternelle et laissant dans mon cœur, désormais orphelin, un deuil profond où mes espoirs se heurtent au silence amer de la mort.
Une étoile s'est éteinte
Ce jour ivre d'une lumière torrentielle
Où on a ri d'un grand sourire feu fraternisé
Qui a fait palpiter les entrailles de l'ombre
Se serrant les pinces dans la chaleur des pensées
Mais aujourd'hui, la haine des lâches
Cette Mort t'invite
Comme un rendez-vous des malheurs
Qui paralyse l'existence
Ah NGOUANI !
Moi simple maître de Nzobi
Amoureux de l'humanisme
Ami discret des eaux de Kayes, Kingoulou
Où dorment les miracles de la sagesse
Et la mystique de l'intelligence
Je t'aperçois dans les éternuements de l'ombre
D'un sourire de bête grasse
Enrobé de silence
Ah NGOUANI !
Moi orphelin du rire
Je porte à présent le deuil du soleil
Que dirais-je à tes petits fils
Aux cœurs qui donnent résonnance à la liberté
Ventres parfumés qui fleurissent ma nouvelle famille
Ah NGOUANI !
Moi simple fils de Nzobi
Je suis à la croisée des tourments du moment
Et la désolante lucidité de l'immortalité
Mes espoirs heurtent le chemin du désespoir
Je ne me nourris que de la plume
Pour surmonter ce mal lacrymatoire
J'attends impatiemment la nuit d'encre
Dans le sang du jour
Où l'âme cédera à son tour
À l'infidélité de la mort
Car, j'ai déjà atteint l'âge de l'ambiance perdue.
Extrait tiré dans Rumeurs Mauves, pp. 74-75.
Ulrich BAKOUMISSA NGOUANI
Powered by Froala Editor