Chronique de l’écrivain Maudit : on vous l’avait pourtant dit : ne manquez pas !
Ce bonheur reviendra très bientôt. Merci à tous d’avoir fait vibrer cette ouverture de la Grande Rentrée Littéraire de Kinshasa. Une édition appelée à rester gravée dans les annales.
On vous l’avait pourtant dit : ne manquez pas ! Mais comme la curiosité l’emporte toujours sur la prudence, vous êtes tous venus vous masser devant le podium pour voir l’Écrivain Maudit en chair et en os, drapé sous la peau de Bishek !
Et que dire des incarnations sur scène ? La folle, la mère de Maudit, la prophétesse, l’infirmière et surtout... la Chatte ! Parce que lorsqu’une Chatte prend la parole, je me dis qu’il faut s'incliner, et je ne m’en excuse guère. J’ai toujours soutenu que les chattes parlent aussi, pourvu qu’on possède la science : la science de l’écoute, et cette science du brut qui vient buter les brutes désireuses d’édifier leur avenir dans les brûlures d’un monde sans raison.
Bref ! La Chatte de l’Écrivain Maudit a enfin miaulé haut et fort : tout le monde l’a vue, tout le monde l’a entendue, et tout le monde a pigé que la vie n’est qu’une métaphore d'un Congo castré, petit clin d'œil appuyé à Richard Ali (qui nous a gratifiés de ses mots bien alités après la représentation), couché dans un lit en or massif. Une belle allégorie de notre peuple troué par ces fameuses « mains coupées » que Léopold II aimait si chaudement saluer avec révérence. Ah, la belle époque !
Et soyons lucides : si tout s’est déroulé sans accroc sur le podium extérieur du Centre Wallonie-Bruxelles, c’est uniquement grâce à Maudit soit-il et à la garce divine, Dieu le sait mieux que quiconque ! De l’avis général des bonnes comme des mauvaises langues (qu’on ne citera pas ici par une rare crise de modestie), c’était tout simplement le meilleur spectacle joué sur scène de mémoire de Kinois. Si vous avez raté ça, ne reniez rien : les rumeurs circulent encore, « on vous l’avait dit », « on vous avait prévenus », vous n'avez aucune excuse !
Au tableau d’honneur de ce chef-d’œuvre :
Laetitia Lontomo : Elle a incarné la folle, la mère, la prophétesse, l’infirmière et la Chatte avec une excellence magistrale dans l’interprétation.
Obed Bossa : Qu’on ne présente plus, il a remué tous les gris-gris de la médecine sur scène pour s’aider lui-même tout en prêtant main-forte à l'auteur. Même si, soyons honnêtes : personne n’aide l’Écrivain Maudit ! Il s’est fait tout seul, son malheur lui appartient et il est plus vaste que l’univers entier, paradis et enfer compris.
Aaron Ndenge : À la musique, il a géré l’atmosphère comme un grand. Remarquez, c'est bien la moindre des choses vu sa taille !
Un immense merci au collectif Les Inattendus (ces véritables attendus du bonheur au quotidien) d’avoir donné vie à ce texte, et merci à l’Écrivain Maudit d’avoir déplacé les foules pour accomplir son œuvre ultime, nous rappelant au passage que la folie ne peut pas toujours l’emporter sur la raison... c’est peut-être pour cela que les chattes n’ont pas de chattes !
Ce bonheur reviendra très bientôt. Merci à tous d’avoir fait vibrer cette ouverture de la Grande Rentrée Littéraire de Kinshasa. Une édition appelée à rester gravée dans les annales.
Attention, préparez-vous... ça va faire très mal !
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