Deux-Elles
Un homme, fasciné par deux femmes, découvre avec stupeur que son idéal lumineux et son désir secret ne faisaient qu’une, brisant son illusion dans le silence d’une nuit révélatrice.
La première
Elle avait une âme neuve, un brin mystérieuse,
Un cœur fougueux, friand des délicieuses.
Pour elle, j’avais un truc plus violent qu’un coup de foudre,
Un truc de papillons enivrés par une fleur qui ouvre son trou.
Elle avait un corps splendide et envoûtant,
Toujours sur elle un parfum exquis, qui pousse à tirer un coup.
Elle avait un habillement sexy et une démarche de mannequin,
Bref, une Elle où tout fauve aimerait tremper son bazooka !
Mon cœur, à sa vue, gémissait du poids de son attirance.
Alors, se débattant, traînant les pieds à l’allure de glace,
Tout un monde se languissait et vivait sous silence,
Car dans l’œil de l’aimée, ma gueule ne trouvait de place.
La deuxième
La miss tenait ses quartiers sous un arbre, la nuit.
On me parlait d’elle par tous et à chaque coin de rue :
Que c’était la meilleure, dont le service est garanti,
Que sa vallée : une merveille bien entretenue.
Écouter le mérite d’un film donne envie de rincer l’œil,
Alors, un soir, je partis visiter le département ;
Il fallait que je goûte à la cuisine du cinq étoiles,
Il fallait que je dise : « Ouais, je connais le film également. »
L’endroit vibrait d'une lueur vacillante,
Des ombres dansaient au souffle d’une lampe hésitante.
Les murmures se mêlaient à la nuit profonde,
Comme un secret que seule l’obscurité sonde.
Quelle fut ma surprise quand je vis celle qui m’accueillait !
C’était la première donzelle sur qui je ne faisais que baver,
Celle qui hantait mes insomnies sans pitié,
Celle à qui mon cœur voulait à tout prix se vouer.
Nos regards se croisèrent, suspendus dans l’instant.
Elle vacilla, perdue, muette, cherchant des mots qui ne venaient pas.
Un souffle passa entre nous, lourd de tout ce qu’on ne disait pas,
Le silence s’installa, plus oppressant qu’un miaulement de chat.
Et moi qui la croyais étoile,
Elle n’était que reflet dans l’eau trouble du destin,
Un mirage que l’aube dévoile,
Dispersé aux vents comme un rêve sans lendemain.
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