Dites-moi
L’âme de ce slameur ne meurt pas, il vit, il respire, Lenfant Noir souriant. La vie est une pute comme il l'a confirmé avant sa mort, et la mort elle-même, une chambre sombre qui fait peur. Adieu, Lenfant Noir. Dixit Akang
Dites-moi qu’il n’est pas mort.
Dites-moi qu’il est à Picha,
Slamant dans sa belle langue.
Dites-moi qu’il crie haut et fort… mais nooooon.
Dites-moi qu’il est avec nous,
En train de redire : “Raciste !”
Dites-moi qu’il est là.
Dites-moi qu’il a voyagé pour Paris,
La ville qu’il n’aurait jamais aimée,
Puisqu’il était noir…
Noir du sang,
Noir d’amour,
Noir. Noir.
Dites-moi qu’on le reverra sur scène, bras levés.
Dites-moi que ce n’était qu’un poème mal prononcé.
Dites-moi qu’il reviendra pour slamer l’espoir,
Pour crier nos douleurs,
Pour rire de nos soirs.
Dites-moi que son cœur bat encore,
Que son silence n’est qu’un accord.
Qu’il écrit dans l’ombre, caché dans les vents,
Qu’il reviendra nous dire… mais non.
Dites-moi que la mort s’est trompée d’homme.
Qu’un esprit comme le sien ne sommeille jamais vraiment.
Dites-moi qu’on rêve,
Qu’il va surgir d’un coin,
Sourire aux lèvres,
Slam à la main.
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