Happy end
Je m’en vais, avec au cœur les regrets de t’avoir ouvert la porte de ma vie, et toi, tu restes avec le parfum de ma lâcheté.
Debout.
C’est l’heure.
L’heure de se quitter,
de s’oublier,
de repartir à zéro,
De tout recommencer.
Nos rêves de vieillir ensemble ?
Ils s’effacent comme des pas dans la cendre.
C’est l’heure de ramasser
les souvenirs épars,
du beau vieux temps jauni,
où le ciel portait un bleu rose-doré,
et la terre baignait
dans un flot de miel.
Debout, ô maudit jour
Toi qui ignores tout
de mes amours d’antan,
de mes joies folles
à cultiver des lendemains radieux.
Que sont-ils devenus,
ces instants perdus dans des kermesses,
à sauter à beya,
à jouer à cache-cache avec la faucheuse,
à conter à la clarté de la lune ?
Volés… ou fanés.
Balayés.
Par le vent
le vent des quatre coins de la terre,
le vent de l’Orient et de l’Occident,
le vent du midi et du soir.
Ô Múlópò muéná bintú ni búlóbá,
Debout !
Entends mes maux,
comme un ruisseau d’écume,
qui tourbillonne dans mes tripes,
qui ronge mon bonheur lacéré,
mon bonheur en scorie,
mon bonheur en argile.
Ô Mvìdí mùkùlù dìbá kàtàngìlá tshíshíkì,
Entends les éclairs et le tonnerre
qui grondent dans la perle
de ma voix sanglante
ma voix pillée,
ma voix agressée,
ma voix assiégée
par des dons empoisonnés,
des accords sans retour,
qui pleuvent sur mon sein sans nombre.
Jour et nuit, ça crépite.
Des promesses d’un avenir huileux,
d’un avenir laiteux,
d’un avenir-jeunesse
mais le sommeil, chez moi,
n’est plus qu’un rêve.
Un rêve mort-né,
un rêve oublié,
un rêve lointain.
Enfin debout, ciel traître
Toi qui gardes les yeux grands ouverts
sur mon malheur,
mais restes bras croisés,
silencieux,
inerte.
Ma douleur… qu’en sais-tu ?
Et tu attends,
que je te livre encore mes prières ?
Entends-moi hurler
les peurs héritées
d’un passé-futur
qui ne cesse de me hanter.
Voici venir l’heure.
Voici venir les adieux.
Je m'en vais,
avec tes blessures en toile de fond.
Je m'en vais,
rassasié par ton indifférence sincère
à mes tourments, à ma misère.
Je m'en vais,
avec au cœur les regrets
de t’avoir ouvert la porte de ma vie,
de t’avoir invité
à la table de mon intimité.
Et toi,
tu restes
avec le parfum de ma lâcheté,
pour avoir bu à tes promesses-malaria,
tes promesses-ebola,
tes promesses-cancer.
Tu m’as brisé l’espoir :
la Paix.
Tiré dans J'ai bu à tes promesses-malaria ( inédit ).
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