La Petite Obsédée
Certains cœurs flambent au contact du désir, d’autres, liés par la sagesse, échappent aux pièges du feu.
Dans l’ombre elle passait, l’allure déliée,
Une flamme au regard, une âme enchaînée.
Obsédée d’admirer les brillants conquérants,
Elle chassait l’amour en des jeux dévorants.
Les cœurs orgueilleux, les esprits affamés,
Elle voulait les prendre, les lier, les damner.
Son rire éclatait, doux poison insensé,
Sa danse enfiévrée les laissait embrasés.
Dans ses pièges dorés bien des fiers sont tombés,
Séduits par ses mirages, trop tard réveillés.
Elle menait la ronde aux plaisirs sans remords,
Un feu sans retour, une course vers la mort.
Elle cherchait sans fin de nouvelles ardeurs,
Dévorant les amants, essuyant leurs pleurs.
Les âmes consumées devenaient ses trophées,
Elle riait des cendres qu’elle avait amassées.
Hélas, dans son lot, je n’étais pas compté,
Mon cœur, par la sagesse, était déjà lié.
Prévenu par l’amour d’une autre, douce et fière,
Je vis clair dans ses jeux, j’échappai à ses guerres.
Que d’autres s’y brûlent, qu’ils y laissent leur foi,
Je suivrai d’autres routes, loin de ses sombres lois.
Car la petite obsédée, malgré ses doux attraits,
Ne put faire flamber celui qui s’en défait.
(C’est l’histoire de ma vie que je raconte).
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