Ne pouvons-nous plus vivre à l’aise ?
Nous marchons le ventre vide, le cœur lourd, les poches creuses , et pourtant, on nous refuse même la paix. Ce mot est interdit, comme s’il coûtait plus cher que nos vies.
Ne pouvons-nous plus vivre à l’aise ?
Vibrer aux sons des musiques qui nous parviennent ?
On nous a tout pris : la paix, la joie, la sérénité.
Nous marchons désormais comme des morts ambulants.
Nous attendons juste notre heure.
À chaque instant, nous devons entendre des crépitements.
À croire que nous ne valons plus rien.
Si vous ne pouvez pas tout nous donner, assurez au moins notre paix.
Donnez-nous juste cela.
Au moins, nous dormirons le ventre vide, mais en paix.
Nous sommes fatigués de perdre nos êtres chers pour des choses que vous auriez pu nous garantir.
Nous n’avons jamais beaucoup demandé,
Mais même le peu, on ne nous l’accorde pas.
Le braconnage, interdit chez les animaux, est maintenant pratiqué sur les hommes.
La peur au ventre, la famine dans l’estomac : voilà ce qui nous caractérise.
Les crépitements dans nos oreilles deviennent des cloches,
Qui sonnent à chaque heure de nos journées :
Le matin, à midi, le soir.
Dans nos maisons, où nous pouvions autrefois trouver la tranquillité,
Leurs propriétaires viennent chaque soir reprendre ce qui leur appartient.
Sur nos routes, où nous marchions sans souci,
Les faiseurs de lois nous empêchent même d’y passer.
Oui, nous sommes semblables à des bêtes traquées par des prédateurs.
Notre sûreté n’est plus qu’illusion.
Notre force est un souvenir lointain,
Et même si nous fouillons nos esprits, nous ne la retrouvons pas.
Nos vies ressemblent à celles des moustiques :
Moustique par-ci, main par-là.
Encerclés, nous le sommes.
Oui, nous ne sommes plus que des dessins sur une machine,
Qu’on anime comme bon leur semble.
Avec la faim dans le ventre, les poches vides,
Nous n’attendons plus qu’une seule chose : la sécurité.
Mais ce mot, vous savez ?
Il est interdit : interdit d’être utilisé,
Interdit d’être crié,
Interdit d’être écrit,
Interdit même d’être scandé.
Et pendant ce temps,
Nous perdons nos êtres chers,
Et nos cœurs saignent.
Powered by Froala Editor