Si je meurs avant elle…
Si je meurs avant elle, dites-lui que même dans l’au-delà, c’est à elle que va ma foi, mon souffle et ma dernière prière.
Quand je mourrai, dites à ma femme,
Dites-lui que je n’ai pas les mots,
Sinon ceux d’un profond écho :
Que partir avant elle fut un honneur,
Et qu’elle veille sur nos cœurs,
Nos enfants, nos fruits de lumière,
Car, moi, je n’aurais su mieux faire.
Qu’on m’habille comme au grand jour,
Celui de notre tout premier amour.
Qu’elle n’oublie pas ma précieuse bague,
Celle qui me donnera du courage,
En souvenir de cette douce folie,
Quand elle riait et disait : « Oui ».
Qu’elle pleure, si son cœur en a besoin,
Mais les larmes n’effacent pas le destin.
Je serai là, à ses côtés,
Même si l’on ne peut plus se parler.
Le paradis ? J’y penserai peut-être…
Mais sans elle, que vaut-il d’y être ?
Qu’elle refasse sa vie, qu’elle se remarie si le cœur y va,
Je ne retiendrai rien, pas même ça.
Mais qu’elle garde, en toute saison,
L’amour sacré pour nos garçons et nos filles.
Car plus que tout, ce que je défends,
C’est leur bonheur, leur doux présent.
Dites-lui aussi, dans un sourire,
Que même dans la mort, je peux encore frémir.
Oui, jaloux je resterai un peu,
Mais après tout, Dieu l’est aussi, c’est sérieux !
Qu’elle comprenne, sans en rire,
Qu’aimer ainsi, c’est aussi souffrir.
Chaque soir, je passerai le seuil,
Pour contempler nos merveilles.
Elle et les enfants en prière,
Mon âme bercée de lumière.
Qu’ils ne cessent de s’aimer,
Et de ne jamais m’oublier.
On dit que les morts se marient ailleurs,
Un drôle de bruit, une rumeur.
Qu’elle sache que j’enquête déjà,
Et qu’à Gabriel, je demanderai ça.
Mais quoi qu’il arrive, ici ou là,
C’est à elle que va ma foi.
Oui, la douleur passera, tout doucement,
Comme la mer après le vent.
Car si Dieu l’a voulu ainsi,
Je crois qu’il prépare aussi,
Un jour, quelque part, dans l’infini…
Nos retrouvailles… là-bas, au parvis.
Powered by Froala Editor