Fin de l'épisode Les Langues se délient

0 265 13 Juillet 25 Introduction

Les Langues se délient, rideau sur une parole libérée

Image du post Fin de l'épisode Les Langues se délient
Photographie Fils Ngeleka

Ce  samedi 12 juillet 2025 à Lubumbashi. Après une semaine de lectures scéniques, d’échanges littéraires nourris et de prises de parole puissantes, Les Langues se délient a tiré son dernier rideau. Ce laboratoire artistique et littéraire, en prélude à la deuxième édition du FESTILU 2026, s’achève comme un souffle retenu qui enfin s’est exhalé.

Durant 5 jours, la ville de Lubumbashi s’est transformée en un vaste atelier de mots, de gestes et de récits. Des scènes comme celle du Centre d’art Waza, du Centre Picha, de la Halle de l’Étoile voire Centre d'art Biasasa ont accueilli lectures, confrontations, silences féconds et cris longtemps tus.

Avec les partenaires tels que l'institut Français de Lubumbashi, le centre d'art biasasa, le centre d'art waza, le centre d'art picha,  Seringu’art,  le Kiosque Littéraire, et Wallonie-Bruxelles International,  l’événement a réussi à inscrire dans l’espace public ce que bien souvent l’on garde dans le for intérieur : la parole douloureuse, poétique, politique, libératrice.

La journée de clôture aura été un condensé du souffle porté toute la semaine. Le matin, au Centre d’art Picha à 10h,  écrivains, critiques et lecteurs ont osé une parole critique sur la littérature congolaise, en particulier celle de Lubumbashi. Un moment dense où l’on a débattu de la place des auteurs, du manque de maisons d’édition locales, du lien entre l’écrit et l’oralité, de la nécessité de penser nos langues sans complexes.

Une évidence s’impose : Lubumbashi écrit. Lubumbashi a des choses à dire. Et elle en a fini de chuchoter.

Dans la soirée, à la Halle de l’Étoile à 17h, c’est avec émotion que le public a suivi la mise en lecture de En Route de Bouna Guanzon, mis en espace  par Solange Muneme. Un théâtre de l’intime, du silence, du déplacement. Une œuvre qui, par sa simplicité, a laissé place à l’écho des exils, des ruptures, des mémoires non guéries. L’un des spectateurs murmure à la sortie : « Ce n’était pas une pièce, c’était une confession universelle. »

Les Langues se délient, c’est maintenant fini. Mais cette fin est feinte : ce qui a été déclenché ne se refermera pas. Car une fois qu’une langue se délie, elle ne revient plus en arrière. Des voix ont émergé. Des écritures se sont révélées. Des complicités artistiques ont vu le jour.

Des spectateurs autrefois silencieux se sont levés pour dire. Des auteurs jusque-là solitaires ont compris qu’ils étaient nombreux. Et surtout : la littérature à Lubumbashi ne se pense plus comme un luxe, mais comme une nécessité.

Les mots d’UM, personnage énigmatique lu ce soir-là, résonnent comme une épitaphe magnifique pour cet événement :

« Ma mère était feu, elle était roc. Elle était NI SOUMISE, NI PUTE. »

« Si tu te prends pour une patate, on pourra te manger cru… Mais si tu te prends pour du macabo, ils seront obligés de te préparer avant de te manger. »

C’est aussi cela, l’héritage de Les Langues se délient : un refus de se laisser mâcher sans forme, une exigence de dignité, de beauté, de révolte.

Le dernier mot ?

Merci.

Merci à tous ceux qui ont porté la parole.

Merci à tous ceux qui l’ont écoutée.

Merci à Lubumbashi d’avoir prêté l’oreille et ouvert les bras.

Les langues se sont déliées.

Elles se taisent pour un temps… Mais elles n’ont pas fini de dire.

Rendez-vous à la prochaine édition.

Powered by Froala Editor

Image de profile de Thebest Akang., rédacteur(trice) sur le site de Kiosque Littéraire.

Thebest Akang.

Akang est chercheur en arts du spectacle, journaliste, rédacteur et photographe.

Pour liker, disliker, réserver, ou commenter ce post, abonnez-vous ou connectez votre compte si vous en avez un !
De l'incomplétude
Article

De L'Incomplétude

Kiosque Littéraire 18 Oct 26

Cette expérience conduit à une interrogation fondamentale : pourquoi l’homme ne parvient-il jamais à une complétude définitive ? On pourrait répondre que l’homme éprouve simplement des manques particuliers.

Chronique de l’écrivain Maudit sur le Prix Bokeseni
Article

Chronique De L’Écrivain Maudit Sur Le Prix Bokeseni

Tomokwabini 18 Oct 26

Dans un pays où l’on passe un temps considérable à expliquer aux femmes comment être de « bonnes petites filles dociles », BOKESENI AWARDS préfère braquer les projecteurs sur celles qui dérangent le statu quo à coups de pinceaux, de caméras, de plumes, de mélodies et de projets culturels stimulants.

Lubumbashi : Charlotte Aline Ntumba présente son livre Ma mère devait mourir
Article

Lubumbashi : Charlotte Aline Ntumba Présente Son Livre Ma Mère Devait Mourir

Kiosque Littéraire 16 Oct 26

Le vernissage se tiendra au Bureau Wallonie-Bruxelles à Lubumbashi, à partir de 16 heures. À travers ce rendez-vous littéraire, l’auteure et ses partenaires invitent le public à découvrir une œuvre qui dépasse le cadre du témoignage personnel pour toucher à des réalités universelles.

Actu-littéraire : Virale de Patrice Tshimbela : quand les réseaux sociaux deviennent le tribunal de notre société
Article

Actu-Littéraire : Virale De Patrice Tshimbela : Quand Les Réseaux Sociaux Deviennent Le Tribunal De Notre Société

Xénon Abraham 12 Oct 26

Le plus grand danger n'est donc pas seulement le crime, mais la vitesse avec laquelle le mensonge, la peur et le jugement peuvent contaminer une société entière.

Designed and Developed by NZANZU MUHAYRWA L. / +243-977-210-519 / nzanzu.lwanzo.work@gmail.com