Retour sur Les Langues se délient du mercredi 9 juillet au Bureau Wallonie-Bruxelles de Lubumbashi
Les mots de Divine Mande ne se contentent pas de vibrer : ils bousculent, libèrent, et dressent sur scène l’insolence vitale d’une parole féminine affranchie.
Lubumbashi, 9 juillet 2025, la deuxième journée de l’événement Les Langues se délient s’est poursuivie avec éclat, mettant en lumière une figure féminine majeure de la scène littéraire et dramatique congolaise, Divine Mande.
Deux temps forts ont rythmé ce mardi 9 juillet, tous deux consacrés à l’univers sensible et engagé de l’autrice. Dès 15 h, le Bureau Wallonie-Bruxelles International de Lubumbashi accueillait un thé littéraire, dans le cadre du cycle organisé par le Kiosque Littéraire, exceptionnellement intégré à Les Langues se délient. Ce moment intimiste avait permis au public d’entrer dans les coulisses de la création de Divine Mande ; ses débuts, ses influences, ses blessures, ses élans. Sa parole, libre et sans filtre, avait captivé un auditoire à la fois attentif et admiratif.
À 18 h, le ton changeait, mais l’intensité demeurait intacte avec la mise en lecture de Chambre 13, l’une de ses pièces les plus emblématiques, mise en scène par Wedou. Dans un huis clos tendu, porté par une scénographie volontairement dépouillée, la pièce explorait les frontières entre enfermement psychique et quête de liberté. Le personnage central, Lolita, flamboyante et sans concession, fascinait le public. Un extrait, en particulier, marquait les esprits :
« Ah, vous voilà toutes,
Armées jusqu’aux dents.
Vous êtes bien courageuses, dites-moi.
Vous, les mères parfaites, les femmes irréprochables,
Les juges de mon existence.
Vous voulez que je parte, hein ?
Vous voulez me chasser de cette ville, comme on chasse une nuisance ?
Parce que je dérange, parce que je suis ce que vous ne voulez pas voir ?
[...]
Eh bien, laissez-moi vous dire une chose : je suis bien plus libre que vous toutes réunies. Oui, LIBRE. Et ça vous tue, pas vrai ? »
Ce passage, cru, vibrant, théâtral et provocateur, déclencha à la fois des rires nerveux et des frissons silencieux. La voix de Lolita, en écho à celle de nombreuses femmes invisibilisées, brisa les convenances pour dire une vérité nue : celle d’une parole féminine affranchie, miroir d’une société encore tiraillée entre fascination et censure.
Cette deuxième journée, orchestrée par La Seringu’art et le Kiosque Littéraire, avec le soutien de partenaires culturels de premier plan, confirmait l’ambition du cycle : faire de Lubumbashi un espace vivant de création contemporaine, où les textes prennent corps, et où les voix, surtout celles des femmes trouvent enfin résonance.
Avec le soutien de : Institut français de Lubumbashi, Bureau Wallonie-Bruxelles, Centre d’art Waza, Centre d’art Picha, Centre Biasasa, La Seringu’art, Kiosque Littéraire.
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