Du côté de chez Phane : Les Catilinaires d'Amélie Nothomb

0 50 03 Août 26 Introduction

Une petite envie d’un bon livre d’Amélie Nothomb. J’ai opté pour celui-ci :  « Les Catilinaires. »

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Une petite envie d’un bon livre d’Amélie Nothomb. J’ai opté pour celui-ci :  « Les Catilinaires. »

J’ai vraiment aimé ce livre, pour plusieurs raisons. D’abord, je me suis facilement attaché aux personnages, j’ai eu l’impression d’une atmosphère agréable grâce à eux (en tout cas au début) : leur amour est beau, innocent, authentique, éternel. On sent une complicité rare entre deux personnes, et un reste d’enfance. Ils sont émouvants, surtout Juliette, que, cher lecteur, tu vas découvrir plus bas dans ma chronique. Puis, leur rêve est beau et simple : vivre ensemble, à deux, isolés du reste de la société et de ce qu’elle fait de nous. Je me suis facilement imaginée à leur place à leur âge, et donc identifié à eux.


Les Catillinaires, qu’est-ce que c’est ?


— C’est l’histoire d’un couple marié qui a soif de tranquillité mais craint le silence.


M. et Mme Hazel ont trouvé leur place dans le monde : une petite maison au bord de la rivière, jolie et isolée, l’endroit idéal pour leur retraite.


Ils ont passé toute leur vie à rêver de vieillir ensemble en paix. Leur nouvel environnement est désert, à l’exception de la maison d’un seul voisin de l’autre côté de la rivière. Ils pensent :


« On a de la chance ! Ce voisin ne nous dérangera pas ! »


Les deux ne pourraient pas avoir plus tort.


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C’est justement ce voisin, Palamède Bernardin, qui va rendre fou Émile Hazel.


Il rend visite quotidiennement aux Hazel sans y être invité, se fond dans « son » fauteuil et demande du café. Lorsqu’il arrive pour la première fois sans y être invité, les Hazel pensent à un geste amical. Puis, peu à peu, cet homme exerce une pression psychologique sur le couple sans même parler. Ceux-ci sont incapables de le chasser, et même, ressentent de la culpabilité et de la gêne à sa place.


Je dois avouer que certains passages m’ont énervé. Comment peut-on laisser une situation s’enliser à ce point ? J’ai parfois ressenti de la haine pour ce voisin, du dégoût aussi, exactement comme le narrateur, qui change à cause de lui, qui devient différent de ce qu’il est depuis toujours, et que sa femme ne comprend plus. J’ai trouvé cela si triste… Il brise leur vie en s’immisçant chez eux de la sorte. Ce changement qui s’opère amorce la fin dont je parlerai plus bas. L’écriture est toujours aussi excellente, agréable à lire, à la fois cynique, parfois drôle, parfois cruel, et sérieuse.


Emile Hazel est le narrateur et personnage principal. Retraité, cultivé et désireux de passer tout son temps auprès de sa femme, son voisin est une véritable plaie pour lui, et il tente par plusieurs moyens de s’en débarrasser sans succès. Il lui tend ce qu’il croit être des pièges, veut l’ennuyer après avoir tenté de le faire parler, veut le mettre mal à l’aise, ou en colère. Rien ne marche, et il sent que sa vie devient un enfer sans jamais réussir à mettre à la porte ce malotru. Il change beaucoup au fur et à mesure du temps, ce qui est assez frappant, et m’a rendu triste, comme je l’ai dit.


Juliette, quant à elle, semble la gentillesse et la pureté incarnée. Elle ne pense jamais à mal, plaide toujours en faveur de tous, sans qu’ils le méritent forcément. Pleine de bon sens, elle a déjà trouvé la solution, mais la politesse de son mari l’empêche d’agir. Juliette mêle l’enfant et l’adulte en une femme admirable, qui m’a touché et à laquelle je me suis vite attaché.


Le voisin est sans doute la personne la plus détestable que je connaisse ! J’ai ressenti une envie de le frapper comme rarement en lisant. Hautain, méprisant, persuadé que le couple lui doit quelque chose et que son attitude est normale, il se permet même de s’énerver quand ils font quelque chose qui ne lui convient pas ! Le sale type par excellence, et toutes les justifications du monde ne peuvent pas me le rendre sympathique.


Il est vrai qu’avec ce que l’on apprend, il n’a pas l’air d’avoir eu la plus belle vie du monde, mais, comme dit Juliette, il a mal vieilli, et il suffit d’être indifférent, de ne pas le laisser interférer dans leur vie, ce qu’Emile n’est pas capable de faire. Sa femme est hallucinante, et m’a fait mal au cœur. Je ne veux pas gâcher la surprise, donc je ne dis rien, mais j’aurais aimé connaître véritablement son histoire.


Dernier personnage de ce huis-clos : Claire, ou la joie incarnée. Ancienne élève d’Emile, je l’ai elle aussi trouvé tout de suite sympathique.


« On ne sait rien de soi. On croit s’habituer à être soi, c’est le contraire. Plus les années passent et moins on comprend qui est cette personne au nom de laquelle on dit et fait les choses. »


© Du côté de chez Phane

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Image de profile de Stéphane Kabamba, rédacteur(trice) sur le site de Kiosque Littéraire.

Stéphane Kabamba

Écrivain-poète & Blogueur, l'écriture et la lecture révèlent mon moi versifié

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