— Il a osé ! Oui, il a osé ! Le salaud. L’idiot. Cet énergumène de libido ambulante a osé.
— Il a osé ! Oui, il a osé ! Le salaud. L’idiot. Cet énergumène de libido ambulante a osé.
— Il a osé ! Oui, il a osé ! Le salaud. L’idiot. Cet énergumène de libido ambulante a osé. Si je n’avais été sur place, il serait en train de le crier sur tous les toits. Si je n’avais été sur place, il l'aurait écrit sur tous les murs et sur ces fichus réseaux soucieux de nos données. Ce con a osé ! Il a osé parler. Il a osé dire. Et il a dit une chose terrible. Une chose blessante. Une chose pesante. Ces mots, morts dans ma tête, frisent la crétinisation de la belle âme que je suis. Bon Dieu ! Mes oreilles sont en sang. Mes yeux sont rouges. Rouges de rage. Et j’enrage depuis. Ce vulgaire personnage a osé. Ce petit prétentieux sans attention, ce déchet de l’existence a osé ouvrir sa bouche — caniveau aux senteurs de pourriture, de détritus et de restes humains découpés et abandonnés à l’air libre. Il a embrassé l’art de la parole pour embarrasser l’Absolu. Ce crime ne restera pas impuni. Cette chose immonde, qui a inondé sa bouche au parfum de misère pour lui donner le souffle de ces mots nauséabonds, finira toujours dans le fracas du silence…
— Bon, bref, papa ! Il a dit quoi pour que tu sois si perturbé ?
— Que le paradis est frigide et que ça ne l’intéresse pas !
— C’est tout ?
Ses yeux choqués ont fini par dévorer mon monde, et c’est comme ça que je me suis retrouvé ici, au Paradis, devant vous, mon Seigneur. Sa bouche a été l’arme qui a fait exploser mon crâne, à cause de la puissance du son produit par son étonnement…
Powered by Froala Editor