Quand les vautours s'assemblent...
Que peut-on face à un monde où les chiffres sont renversés?
Des yeux du volcan, il est un sourire incandescent qui piétine sur mon clavier. Et il est du désenchantement dans mon pleurer-rire, dans ce vide vassal, on ne peut plus abyssal, qui noie toute ingénuité que prononcent les douleurs lacrymales. Parce que oui, le seul désir de liberté qui existe est celui où l’âme, refusant de gésir, se met à palper son subconscient. Qui de l’intelligence artificielle sous les hublots de nos souvenirs, qui de l’intelligence qui côtoie le réel dans sa profondeur insoluble. Puis-je avertir comme les capsules d’un film qui descend, descend, descend ? La dégradation des couleurs, l’impureté des omelettes, qui cuites, qui parsemées de nudité… On ne va plus engoncer la vie dans une déconcertation absolue. Je pense à une déconversion des regards qui ne dit pas son nom. Quand le synonyme de toute satisfaction frôle le pessimisme, nettoyé dans la gorge emplie des crachats, des pipis de chats, des cacas des poules – comme ça sent mauvais –, des spermes aguerris, bien réveillés dans le dos des sexagénaires ou quadragénaires, Dieu sait quelle inversion.
Oui, on ne comprendra pas les plaidoyers en français lavé et exquis par les embouchures des mots en concert. En quatrième primaire, j’écrivais quatre comme une chaise renversée. J’ai appris à l’écrire aussi comme un scientifique guéri de tout anachronisme pédant… J’ai appris à regarder quatre dans sa forme initiale, abyssale, et surtout dans son envers. Hop, l’envers du décor ! J’aurais réalisé et senti l’odeur des sangs des pièces encombrées me toiser la hanche. Mais qui suis-je face à ce barbarisme que ce monde louvoie ? Je ne suis qu’une chenille, contemplant les désirs incertains, les sentiments de calices rougis, blanchis.
L’instant où l’impunité mourra et la cacophonie des becs, on en reparlera. Pour l’instant, l’instant est au lever des lunes, où le tibia dévergonde. Où le tibia s’incline face aux silences des mondes qui nous entourent. Où la petite fille de l’autre rive voit naître une espèce de cancrelat sous son jupon. Oh, juron ! L’instant où, de l’espace d’un cillement, la petite fille montre son haricot ramassé çà et là dans les champs aux dieux impies recroquevillés sous des piliers durs… Il faut le voir pour le croire, puisque voilà aujourd’hui la sentence ou… la boutade que les personnes aux mille idées tentent de mener à bien. Que la vie pardonne ces inepties rabâchées dans le songe de la nuit de mes tremblements, où j’ai beau héler aux pieds du cerveau bleu… et l’autre cerveau est une face bouffie de la médiocrité lancinante.
La phrase est longue et les mondes sont petits que les phrases, les paragraphes et les propositions. Il y a ce quatre que j’écrivais dans mon inconscience, il y a cette chaise dévolue qui rallume mon souvenir de petit garçon sous les étoiles. Quand, Dieu, le fils de Cham viendra-t-il proclamer vives les tâches couleur d’ordalie de son père ? Quand donc ?
Puisque tout regard converge vers son soir décousu, toute vérité vers son coucher de lune. Qu’a-t-on à reprocher aux mains noires si ce n’est leur agilité, leur ubiquité ? Qu’a-t-on reproché à la colonie des vautours (psychologie inversée), si ce n’est leur nudité balayée et, si j’ai encore un peu de pudeur, leur orientation quasi-incandescente vers les pratiques inhabituelles, en exemple les léchages de cul ? Dans les yeux d’un homme tranquille, il y a un enfant qui regarde tendrement. Vous avez été une fois excités, et vous savez que ce regard n’épargne personne de l’excitation divine.
Quand je quittais l’église, mes bagages se souillaient des mains sales – expression volée chez JPS – des pseudo-disciples d’un dieu inconnu (ah, la Bible, votre livre saint, parle d’un dieu inconnu dans les Évangiles. Mes souvenirs ressassés ne se souviennent plus de ce verset ! Il n’y en a pas dans le Coran, ce bouquin qui me prend ma méditation jusqu’à son essoufflement). Sinon, je continuerai le chemin, je le continuerai, je le poursuivrai… Et une seule raison aura vaincu ces insistances : le goût des pommes (image déconcertante du poème de la création, encore inversée), le goût de la pomme, ou disons-le sans filtre : l’anti-goût.
Et quand le sifflet de la séparation s’entend au loin, ton œil est essoufflé. Fatigué et consterné face à ce que tu vois devant toi. Il s’agit de l’illumination, de quand les mots habillés autrefois en costard se déshabillent, se désabusent, sont désabusés, malaxés, mâchés.
J’ai encore mon anglais sous la gorge quand les syllabes de wait and see toquent. Laissez-moi entendre la chanson d’ *Iz* pour se bouffer des bavures du siècle où une simple cuisse de maman Mado bouleverse les yeux de la nuit – ou du soleil, du Guide –, où un quatre devient une chaise (quatre me baluka kiti, le kikongo de tonton Nzolantima n’a pas quitté ma gorge), et surtout un six en neuf, et surtout un vide en espace d’un rire déployé…
Des chants et des danses s’exécuteront, mais dans l’écho de chacun d’eux, un son et un pas traverseront le flux inverse du vrai, et c’est en ce moment que les odeurs des corps confinés, les lancinances des compromis et la lassitude du tout-soi éclateront au grand Soleil devenu noir comme les cœurs des impétrants…
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